Une heure supplémentaire se vérifie semaine par semaine. Avant de multiplier un taux horaire par un volume global, il faut identifier l’organisation du temps de travail, l’accord applicable, les repos déjà accordés et les éléments qui montrent les horaires réellement accomplis.
À retenir en 30 secondes
- Le décompte est en principe hebdomadaire, sauf organisation particulière du temps de travail.
- Un accord peut fixer le taux de majoration, avec un minimum de 10 %.
- Présente un relevé suffisamment précis pour permettre à l’employeur de répondre.
1. Quand une heure devient supplémentaire
Pour un salarié à temps complet, les heures accomplies au-delà de la durée légale hebdomadaire de 35 heures sont en principe des heures supplémentaires. Une équivalence, un aménagement du temps de travail ou un forfait peut modifier le point de départ du calcul.
Au forfait jours, le raisonnement n’est pas un simple dépassement de 35 heures. Il faut vérifier la validité de la convention de forfait, le nombre de jours et le suivi de la charge de travail.
2. Quel taux de majoration appliquer
Un accord collectif d’entreprise ou de branche peut fixer un ou plusieurs taux, chacun au moins égal à 10 %. En l’absence de disposition conventionnelle, les huit premières heures supplémentaires de la semaine sont majorées de 25 %, puis les suivantes de 50 %.
La rémunération peut, sous conditions, être remplacée en tout ou partie par un repos compensateur équivalent. Le bulletin et le compteur de repos doivent alors permettre de comprendre la compensation.
3. Construire un relevé crédible
Présente un tableau par semaine avec la date, l’heure de début, les pauses, l’heure de fin et le total. Les emails, agendas, badgeages, messages professionnels et relevés de connexion peuvent compléter ce tableau.
Le salarié ne doit pas nécessairement prouver seul chaque minute, mais il doit fournir des éléments suffisamment précis pour permettre à l’employeur de répondre avec ses propres relevés.
4. Réclamer sans perdre le fil
Compare ton relevé avec chaque bulletin, chiffre séparément les heures et les majorations, puis adresse une demande écrite. Conserve une copie de la demande et des pièces utilisées.
Une créance de salaire peut en principe être réclamée sur trois ans. Si le désaccord persiste, un professionnel ou le conseil de prud’hommes peut être saisi selon la situation.
Les réponses courtes aux questions qui reviennent
Les heures supplémentaires sont-elles toujours majorées de 25 % puis 50 % ?
Ce sont les taux applicables en l’absence d’accord collectif différent. Un accord peut prévoir d’autres taux, au minimum 10 %.
Un email envoyé tard suffit-il comme preuve ?
Un email isolé ne démontre pas toujours tout le temps travaillé. Il devient plus utile lorsqu’il complète un relevé régulier et d’autres éléments concordants.
Puis-je réclamer après avoir quitté l’entreprise ?
Oui, sous réserve du délai de prescription et des faits du dossier. La fin du contrat n’efface pas automatiquement une créance de salaire.

